J7 sur la HRP, des réserves naturelles

Publié le 22 juin 2022 à 22:33

Où suis-je ?

Récit au fil des pas

Mercredi 22 juin 2022.

Après l’orage, la nuit à été relativement calme malgré les bourrasques impressionnantes par moment. Artic et moi avons super bien dormi avec les autres randonneurs dans cette cabane au chaud et sur des matelas.

Aujourd'hui est prévu 22 km avec une partie sur un grand plateau, le pla Guillem puis les crêtes à cheval entre les réserves naturelles de Py de Prats de mollo la Preste et enfin de Mantet.

Il y a un cheval en liberté qui me dit bonjour et souhaite une caresse. Il me suit en trotinnant tandis que je me trompé de chemin puis retourne sur mes pas avant de prendre la bonne piste.

Alors que je me dirige vers le plateau, je parviens à une barrière à bétail d’où j'entends des chiens aboyer en contre-bas. Peu de temps après je vois le panneau « attention au chien de berger protégeant le troupeau des chiens errants ». Ils nous mettent en garde de ne pas nous en approcher et encore moins si l'on est accompagné d'un chien . Je décide de prendre le risque de rentrer dans la zone avec Artic en laisse. Étant donné que le troupeau est en contrebas avec les chiens, que le chemin grimpe, et que je suis à contre vents, j’y vais mais dans tous les cas je ne m’attarde pas.

Bientôt, j’atteins les collines herbeuses des crêtes balayées par le vent et parsemées de roches blanches immaculées sortant comme des gemmes du sol. Mes souvenirs de géologie me font défaut en ce qui concerne le nom de ces roches. Le paysage me rappelle le Cantal : que de bons souvenirs ! Et que c’est agréable de déambuler sur un chemin moelleux et vraisemblablement plat !

La journée continue tranquillement comme la montée, on en prend plein les yeux tant les paysages sont grandioses. Marcher sur ces crêtes donne des ailes, elles sont si immenses, que l’on se sent minuscule. Malgré tout, le paysage défile à l’instar du sol sous nos pas. Col après col on se rapproche du but. Les formes des reliefs rappelle la géométrie, les courbes se mélangent aux droites et aux angles. Le paysage explosé, torturé, écrasé a été adouci par l’érosion de millions d’années de bourrasques de vents sans répit et de caresses d’eau sans fin.

Le vent est froid aussi, et mon coupe vent n'est pas de trop. Artic apprécié aussi pas mal sa polaire !

Le midi, nous nous retrouvons tous, tour à tour à une cabane perchée à plus de 2300m au Portella de Rotja. La cabane est en réalité une maison toute en métal avec plein de petits carreaux la rendant bien lumineuse. Le métal est peint en blanc cassé lui donnant, malgré l’austérité du matériau et de l’environnement, un aspect de petite maison dans la prairie. À l’intérieur, c’est le calme, le vent n’hurle plus dans les oreilles, ce n'est qu’un vague souvenir perçant les parois en métal de l’abri.

Il y a des couvertures dans la zone de couchage. Artic en profite.

Nous repartons tous, nous nous rapprochons de la fin du massif mais il reste un bout de crête à faire.

Les nuages tombent sur nous, offrant des vastes paysages encore renouvelés d’ombres et de lumières.

Je ne bois que quelques isards mais un autre randonneur en a vu un troupeau entier !

Un rapace plane. Solitaire. Avant de disparaitre.

Finalement, j’arrive au Portella de Morens qui se trouve à la frontière. C’est le col à partir duquel on redescend côté espagnol vers la station de ski et ensuite le refuge ull de ter. Il est 15h passé. Je souhaitais camper par ici et prendre la variante par les crêtes mais je n’ai pas trouvé d’eau sur le chemin, sauf là où il y avait des chevaux en liberté , assez loin en contrebas du chemin, mais c’était bien à 3km. Il ne me reste qu’un litre. Juste assez pour le soir mais pas pour l’étape de demain.

Après avoir été voir l’abri de Mantet noté sur la carte IGN, qui s’est avéré n’être qu’un abri contre le vent bâti simplement avec des pierres posées, et que j’ai trouvé tous sauf sécurisant. Je suis donc descendue vers le refuge Ull de Ter  en Espagne, qui se trouve après la station de ski Vallter, et marquant la fin de l’étape. Je porte Artic sur toute la descente car il est vraiment fatigué de cette journée, et c’est aussi le moment de l’entraîner à tenir coucher sur le haut de mon sac a dos. C’était déjà mieux qu’hier !

Comme tous les autres randonneurs avec qui je partage l’aventure, j’ai eu l’agréable surprise de voir qu’il y avait encore 25 min de montée pour atteindre le refuge depuis le bas de la station de ski.

Je rentre dans la chaleur du refuge lorsque la pluie se met à tomber.

 


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