J20 sur la HRP, le parc national d'Aiguëstortes

Publié le 6 juillet 2022 à 13:00

Où suis-je ?

Récit au fil des pas

Mardi 5 juillet 2022

 Hier soir, j’ai dormi à la belle étoile, la météo prévoyait une nuit claire. Ça l’a été, par contre grosse rosée pendant la nuit, à moins que ça soit les nuages remplis de gouttelettes d’humidité qui ont tout recouvert d’une fine couche d’eau. Rien de bien méchant, au matin tout était sec. La lune était réduite à un fin quartier bien lumineux. Les cloches des vaches résonnaient non loin de là mais suffisamment éloignée pour que je m’en inquiète pas trop. Pendant la nuit assez longue du fait que je me suis endormie relativement tôt, avec le coucher du soleil, je me suis réveillée fois . Tantôt pour boire, tantôt pour remettre la couverture sur Artic, ou encore pour le faire venir dans mon duvet car il me faisait de la peine. Je ne sais pas si c’était moi qui n'étais pas sereine qui a influencé Artic ou bien le contraire, mais quoiqu’il en soit par deux fois il a grogné en regardant de ses yeux grand-ouverts dans une direction où je ne vois qu’herbe, montagne et cailloux. Qu’est-ce que c’était je n’en sais rien, je n’ai rien vu, lui a sans doute senti, en tout cas ça a suffit à démarrer mon imagination, entre renard (bonne chose) , blaireau, loup et ours (pire chose), j’étais maintenant pressée que la nuit de termine. Ca ne m’a pas empêché de me rendormir, j’ai écarté ces pensées en me disant que peut importe ce que c’était, s’il y avait quelque chose il y a de grande chance que ça ne s’approche pas, et j’ai la chance d’avoir le sommeil facile. J’ai observé les étoiles quelques minutes, y ai vu deux étoiles filantes et j’ai souhaité qu’aucun animal vienne me manger pendant que je dors. Et voilà j’était repartie dans mes rêves. Apparemment les étoiles filantes exhaussent plutôt bien les vœux !

Pour une fois, j’ai petit déjeuné vraiment avec ce que j’ai acheté hier et puis à 8h, j'ai démarré.

L’étape était déjà entamée de là où j’avais dormi alors elle était courte. J’ai grimpé sans trop observer les alentours qui me paraissaient pas plus que ça joli, mais appréciant un chemin bien tracé et montant doucement et régulièrement, me permettant de rester dans mes pensées. Il y a eu quand même trois commères pour nous siffler moi Artic et les autres randonneurs qui passaient. Sacrées marmottes !

Le chemin entre dans le parc national réputé d’aiguetortes et cela se ressent. Les refuges, qui n’en sont plus, sont devenus des hôtels cher où ni les chiens ni le bivouac sont autorisés. Je remarque d’ailleurs que souvent plus une zone est facilement accessible en voiture, plus c’est touristique et plus il y a d’interdictions …Je crois que je dois m’estimer heureuse que les chiens ne doivent, que, être tenus en laisse, il est même interdit de se baigner dans les lacs.

 L’eau pure de ceux-ci accessible facilement car captée et emmenée jusqu’au refuge est dite non contrôlée, au cas où , je suppose, il y aurait un touriste pour essayer de gratter des sous d’assurance en faisant porter le chapeau d’une forte indigestion sur la portabilité d’une eau de source.

Je fais une grande pause au refuge de Restanca qui possède 80places mais pour lequel il est recommandé de réserver. Je mange mes provisions et discute un moment avec un randonneur français de long court qui fait le gr11 et Santiago. Lui aussi campe en hamac par ci par là. Je repars pas trop motivée vers le refuge suivant, Conangles, qui se situe juste avant un axe qui fait France Espagne.

Je m’arrête à 16h30 après avoir marché deux heures en trainouillant, dans un coin peu passant et me réinstalle comme hier. Une marmotte siffle de temps en temps, son avertissement est dédoublé par son écho spectral. Les nuages grimpent et bientôt je suis dans la brume.

J’aurais bien fait une journée de pause quelque part mais je n’ai rien trouvé, ni refuge ni hôtel ni Airbnb dans le coin ultratouristique à un prix abordable et qui accepte les chiens. Je me sens un peu seule, exclue des refuges, qui assuraient de bonnes soirées.

Pour les prochains jours, je vais sans doute passer côté gr11 car la HRP passe par des parties assez ardues autour de l’Aneto qui culmine à 3400m qui nécessitent encore des crampons de ce qu’on m’a dit

 

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